La prédation est naturelle, innée ! (article 13)

Crédit pour le montage graphique : Éric Dorion

Une lionne qui se rue brutalement sur une jeune antilope et lui broie la gorge commet-elle un crime hargneux ? Non. Est-il possible alors que certains humains ne soient au fond que des prédateurs animalisés, ne faisant que leurs œuvres mortelles sur une lancée purement instinctive ? Oui, car chez l’être humain normal, ayant amplement évacué tous les restes de sa condition animale d’hominidé primitif, l’élément inné de prédation le plus extrême se manifestera par un beau dimanche, l’automne venu, alors qu’après avoir graissé son arme, il portera sa veste fluo toute neuve et chevreuil abattu ou pas, reviendra les joues embellies d’une balade en plein air avec des amis, rentrera chez lui et le dimanche suivant de l’été indien ira faire du vélo avec les enfants ou s’il pleut en profitera pour cirer ses skis de fond.

Cela bien compris, nous sommes, malgré notre civilité courtoise, des animaux, inutile de chercher à le dire en une autre langue c’est bel et bien comme ça. Homo sapiens signifie l’homme qui pense, d’où Le Penseur de Rodin. On ne peut le nier ou dénier ce fait, c’est une réalité bien physique sans quoi nous serions des anges ou des Esprits, et les anges et les Esprits ne sont pas poilus et ne vont pas faire du vélo ou du ski de fond. Nous sommes donc encore et serons toujours des animaux. Évolués, intelligents, mais avec des instincts primaires maîtrisés, contrôlés ou pas, mais toujours présents en nous.

Ce qui nous différencie vraiment des autres animaux est l’aspect sapiens de notre espèce. Nous pensons, nous sommes conscients de ce que nous sommes, mais surtout et plus encore, de qui nous sommes. Nous sommes conscients du temps qui passe, du passé, du présent et nous pouvons anticiper l’avenir, ou l’appréhender c’est selon ce que nous retenons du passé.

Baba Hari Dass[1] écrit :

« Une personne est capable d’individualiser sa conscience et elle peut imaginer la cause et l’effet de tout changement et de toute action. Un animal peut ressentir, mais il ne peut pas individualiser sa conscience, parce qu’il n’a pas le sens du « Je ». Nous sommes conscients de notre apparence parce qu’en nous existe une conscience individuelle qui fait que nous nous voyons différents des autres. Par contre, un chien ne sait pas s’il est beau ou s’il est laid… En raison de cette conscience du « Je », un être humain est supérieur à tous les autres êtres vivants. Sans cette conscience du « Je », on ne peut pas réaliser la cause et les effets de la douleur, du plaisir, de l’attachement, et de la répulsion. (…) Les animaux naissent avec une connaissance instinctive et collective. Ils vivent et ressentent toutes les souffrances du monde. N’en connaissant pas la cause, ils meurent sans jamais avoir essayé de sortir de leurs souffrances. »

Voilà pourquoi le comportement animal, contrairement à celui des humains, n’a guère évolué. Le lion d’il y a 700,000 ans chasse, tue, se reproduit comme le lion actuel et vit dans le même secteur de l’Afrique noire. Par opposition à cela, l’être humain nu, maîtrisant à peine le feu, a conçu et envoyé des robots sur Mars en moins de 300,000 ans et rentre chez lui le soir dans son VUS 7 places.

« L’être humain sait que c’est lui qui sait quelque chose. L’animal sait, mais il ne sait pas que c’est lui qui sait quelque chose. »

Du Mal, il faut donc écarter certains gestes posés par l’homme, même s’ils sont inavouables et voir certains comportements vils comme simplement primitifs, issus du monde animal comme nous avons pu nous en rendre compte en suivant Léo-Paul Dion à la trace, Pierre Defoy, le couple Homolka, Gilles de Rais et nous aurions pu consacrer des chapitres à n’en plus finir sur ces bêtes humaines tant il y en a. La rage, la colère, l’agressivité et la faim sont typiques du monde animal.

Je me dois de désacraliser cette formidable nature dont nous sommes tributaires.

On est toujours là, à la diviniser, à l’appeler Mère Nature, à la parer de magnifiques couleurs n’ayant pour elle que de prodigieux superlatifs, mais dans les faits tel Kali, tels les dieux de Manès, la nature peut être aussi une vraie salope qui ne pardonne pas ! Je ne fais pas même allusion aux tsunamis, aux tremblements de terre qui n’ont effectivement rien de très sympa. Je parle plutôt de l’exercice que la Nature fait de la Vie.

Le ratel, le blaireau ou le carcajou veulent vous arracher la tête uniquement parce que vous êtes devant eux. Sont-ils criminalisés pour autant ? Non, ils sont tout simplement les mammifères les plus irascibles de la nature avec le cobra indien qui veut mordre même quand il dort, l’araignée bananière une saloperie pestiférée qui mord tout ce qui bouge et surtout la très jolie et presque comique squille stomatopode,[2] dont la frappe à 112 km/h peut fracasser une vitre d’aquarium ! Ces bestioles n’endurent rien ni personne sur leur chemin ! Elles ont un caractère de cochon, lequel d’ailleurs peut s’impatienter assez rapidement. J’ai déjà nourri des verrats destinés à l’abattage et laissez-moi vous dire qu’il vaut mieux pour vous d’être de l’autre côté de la clôture. Je ne sais pas si c’est vrai, mais un vieux fermier m’avait déjà dit que certaines espèces en Europe sont tellement agressives « que si tu entres dans un enclos de leurs verrats affamés et que tu glisses pour te retrouver dans leur merde, tu ne relèveras plus jamais ! »

Aaron Fairweather, candidat au doctorat à l’Université de Guelph, a découvert un type de fourmi qui, si elle était humaine, serait considérée comme une Reine Maléfice cruelle et sans aucune pitié. Protégée par ses soldats, elle envahit une colonie de fourmis plus inoffensives et tue leur reine. Ces fourmis soumises deviennent alors les ouvrières de la conquérante et les nouvelles ouvrières s’occupent de ses œufs. Tout ce qui manque c’est Angelina Jolie ! Au fur et à mesure que la colonie grandit, les nouvelles ouvrières commencent à marauder pour reproduire le même schème dans une autre colonie de fourmis.[3]

La belle colombe, symbole de paix et de l’Esprit saint crève les yeux des autres oiseaux dont elle convoite le nid. L’aigle royal, tout aussi majestueux soit-il, est cruel. Il agrippe le bouquetin trop lourd pour lui et le fait chuter dans un précipice pour le dévorer vivant s’il l’est encore. L’otarie mâle, énorme, viole de petites femelles manchots, qui ne sont pas de son espèce, jusqu’à ce qu’elles meurent, puis les mange. Mais la nature a le sens de la justice, car les loutres de mer vont faire de même en violant les bébés otaries et en les bouffant tranquillement, comme des hamburgers, mais… vivants. La grande musaraigne empoisonne la souris et la mange, vivante, pendant des jours, et les belettes se mettent à deux ou trois, attrapent un lapin par la gorge et boivent son sang jusqu’à ce qu’il meure.

Ah ! cet exemple suivant, il vaut mieux ne pas le répéter à vos enfants s’ils reviennent d’une visite à l’aquarium ! Les gentils dauphins au sourire permanent vont torturer à mort des tortues marines pendant des heures. Entre eux, ils sont reconnus pour s’y mettre à plusieurs pour violer une de leurs propres femelles et tuer les petits s’ils sont dans leur chemin, et votre mignon petit chaton, si charmant, la rock star des pages Facebook de mille milliards de femmes, peut torturer un écureuil ou une souris en jouant avec, bien longtemps avant de la manger, pour le simple plaisir de jouer. Bizarre, aucune fan de chats n’a filmé ça pour amuser ses copines ! Un policier de Gatineau m’a déjà montré un ensemble de clichés de chats en train de dévorer leur maîtresse, morte depuis quelques jours. Une seule vidéo comme celle-là sur You Tube et ça en serait fini des webminets ! Non, mais c’est vrai, imaginez votre adorable chat prendre une bonne mordée dans votre cuisse pour changer et ronronner de plaisir parce qu’elle est faisandée.

Des canards auxquels j’envoyais du maïs – et non du pain – tout près de mon bateau à la marina, vont soudainement, sous mes yeux, se mettre à plusieurs pour battre à mort une femelle jusqu’à ce qu’elle accepte de se laisser engrosser. J’ai été témoin de cette scène, alors qu’habituellement ces mêmes canards glissant sur l’eau au coucher du soleil étaient bucoliques. J’ai été profondément troublé par ça. Qu’ils aillent au diable, fini le maïs ! Mais ça, c’est moi ! De petits oursons polaires affamés ont été vus arracher des bouts de chair à leur mère vivante, prisonnière de la glace. Certains grands singes non-hominidés comme le babouin, vivent en paix avec le million de flamands roses du lac Nakuru au Kenya, mais un jour, allez savoir pourquoi, une bande de babouins devenus soudainement et inexplicablement enragés se sont mis en chasse, tuant des flamands roses par centaines, les laissant morts sur place sans en manger une seule. « Cela peut sembler vilain aux humains, dit Aaron Fairweather, mais la nature est effrayante. »

Oui, elle l’est ! Dion, Homolka, Bernardo, Gilles de Rais, Magnotta, Defoy, Bundy, ne sont rien d’autre que cela, l’aspect cruel, froid et bestial, faut-il le dire, et terrible de la nature à l’œuvre dans ce qu’elle fait de pire. Dès lors, le mal que nous venons de voir dans cette partie de la série LE MAL EXISTE, ne serait au fond qu’une manifestation des aspects horribles, mais innés de la nature, incluant ici et là, la nature humaine, pas très différente du monde animal d’où elle est issue. Il est donc inutile de chercher la source du Mal en l’homme, nous perdons notre temps.

Voilà pourquoi nous allons changer de registre et entreprendre notre quête de la véritable nature du Mal, laissant derrière nous les drogués, les tueurs fous et les grands malades. Voyons si derrière tout cela se cache une Personne, une Entité, voire une Force qui serait le Mal. Le Vrai Mal !

D’ailleurs, depuis le début de cette série, je note dans vos commentaires une appréhension de la différence qui existe sans contredit entre le mal et le Mal. Vous découvrez que de profonds troubles physiques et psychiques sont à l’origine de comportements violents, un peu comme si chez certains humains leur proximité avec leur animalité est telle qu’il en faut peu pour exacerber cette dernière et lui donner les commandes.

Et là, nous allons découvrir graduellement une autre possibilité, celle qui propose une autre notion du Mal, une autre Intention dans l’accomplissement de gestes y étant associés par le simple fait que ces gestes ne sont pas générés par une faim, un besoin, un désir, comme c’est toujours le cas chez ceux que nous avons étudiés dans les articles précédents.  

Prochain article (14) : Mais qui diable est donc le Diable ?


[1] Vivre sa paix intérieure », aux éditions Jouvence.

[2] Pourtant à la regarder on dirait une foutue crevette !

[3] Marielle Guimond, site de Radio Canada le 13 juillet 2019.

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Esprit d’abord, humain ensuite

Jean Casault développe ici sa propre philosophie en titrant ce livre par sa devise personnelle qui lui fut révélée en plein Vol de Nuit. Il répond ainsi à toutes les questions existentielles qui puissent exister. D’où viens-je ? Qui suis-je ? Où vais-je ? Tout y est, dans une simplicité tout aussi divine que désarmante.

Disponible en librairies, en bibliothèques ou peut être commandé chez l’éditeur ou Amazon.



Catégories :Le Mal

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1 réponse

  1. Je me souviens pour vous avoir déjà lu, je crois que c’était dans «La mort n’est qu’un masque temporaire» que vous faisiez la distinction entre la prédation animale et la vrai sadisme dont certains humains peuvent faire preuve. Je crois que votre distinction était que les animaux ne prenaient pas du plaisir strictement à voir souffrir leurs victimes, ils agissaient en quelque sorte par instinct et s’ils satisfont leurs besoins ce n’est pas en fonction de faire souffrir leur proie – ce n’est pas un facteur motivationnel. À l’opposé, les humains peuvent tirer du plaisir à faire souffrir, à créer de la tyrannie.

    Ok, le chat mange le maître décédé, les canards mâles harcèlent le canard femelle, les otaries ou les loutres commettent les viols, la colombe crève les yeux d’une autre, mais quel poids prend cela face à des tyrans comme ceux que vous nous avez présentés. Je dirais que le comportements des animaux ou leur nature constituent un moindre mal, que le mal que sont les tyrans – bien qu’ils ne soient pas le Mal non plus et davantage peut-être des vecteurs, sans leur enlever toute responsabilité.

    Bref, y a-t-il une nature, une espèce que n’en soit pas teinté, si l’intelligence nous a permis de nous éloigner de notre nature animalisé peut-être l’a-t-elle instrumentalisé en tyrannie ce qui ne m’apparaît pas comme un fier apanage évolutionnel, je préférerais peut-être toujours être un lion que de porter sur ma conscience, et d’avoir pris plaisir à voir souffrir mes congénères, les actes commis par les tyrans susmentionnés.

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