Kenneth Ring et le projet Omega

Kenneth Ring est un professeur émérite de psychologie à l’université du Connecticut. Il est considéré comme l’expert mondial des études sur les expériences de mort imminentes. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la question : Mindsight, Lessons from the Light, Heading toward Omega, Life after Death et Omega Project.

Ce qui va sans aucun doute vous intéresser dans ce qui suit est le pont qu’a créé le professeur Ring entre les sujets qui ont vécu une expérience de mort imminente (EMI) et ceux qui ont vécu une expérience de type RR-4 communément appelé enlèvement extraterrestre.

Il faut d’abord expliquer ce qui a déclenché cette intention de créer et franchir ce pont. Dans son introduction du Projet OMEGA, Ring explique avoir reçu un beau matin, un ouvrage en provenance de son éditeur. Il s’agissait du livre Communion de Whitley Strieber.[1] Il faut savoir que la couverture de l’édition originale illustre une tête de Gris pas amusante pour un sou. Ring explique alors qu’il était en quelque sorte insulté de se faire dire par son éditeur de « lire ça, parce que ça entre en ligne directe avec tes travaux ». Furieux, Kenneth Ring ne voulait rien entendre. Pas question d’associer ses travaux sur les expériences de mort imminentes avec des fantaisies pareilles.

Ce pont est difficile à franchir puisque dans notre Recueil collectif de Croyances, si ouvert soit-il, si disponible à l’inconnu soit-il, n’est-il pas vrai qu’on ne mêle pas ces deux types d’expériences ? Se faire enlever de son lit par des petits gris pour se faire entuber à des fins d’expériences génétiques pour la création éventuelle d’une race hybride est une chose déjà complexe et peu rassurante, mais se retrouver hors de son corps auprès de défunts ou auprès d’êtres spirituels lors d’une opération à cœur ouvert qui tourne mal, en est une autre. Entre le vaisseau et le tunnel avec une lumière divine à son extrémité et inversement, il existe un fossé que le plus hardi n’oserait franchir.

Instinctivement ou peut-être intuitivement, plusieurs d’entre nous entretiennent le sentiment profond que la mort, la vie après la mort, comporte un élément que l’on pourrait qualifier de sacré. Cette impression est partagée par tous ceux qui entretiennent un certain aspect de la spiritualité, qu’il soit manifesté par une religion traditionnelle ou non. La mort, et ce qui l’entoure, continue d’être tributaire d’un monde tout autre que celui de la réalité ufologique et extraterrestre qui elle, appartient malgré son essence plutôt mystérieuse, au monde des vivants. En d’autres termes, les histoires d’extraterrestres d’un bord et la mort de l’autre et les philosophes seront bien servis. N’associez pas les deux ensembles. C’est une sorte de sacrilège. Moi, j’aime bien les sacrilèges infâmants !

La mort n’est pas une fin de la vie sous toutes ses formes, mais une transformation. La vie et la mort font partie d’un processus d’évolution continue. Le symbole le plus conventionnel demeure encore la chrysalide et le papillon.

En général, les gens, particulièrement ceux qui forment mon lectorat, sont d’obédience catholique. Qu’ils pratiquent ou pas n’a aucune importance ! Tous ont été formés à peu près à la même école de pensée religieuse. Nous avons tous reçu, avec plus ou moins d’intensité, une formation spirituelle homogène. Le Ciel, le Purgatoire et l’Enfer, avec à la clef, une conduite morale qui déterminera à la mort ou au Jugement Dernier, la destination finale de notre existence.

Par la suite, la majorité des gens ont continué d’entretenir ces croyances sans les contester ou les amender ou les ont tout simplement rangées dans une sorte de casier neutre qui frise l’indifférence. D’autres ont poursuivi seuls leur quête spirituelle et ont découvert des alternatives qu’ils ne connaissaient que très peu auparavant. Ces alternatives, comme le spiritualisme, leur auront fait découvrir l’existence présumée d’esprits œuvrant dans une dimension éthérée : fantômes, esprits errants, etc. Ils ont été définis comme des formes conscientes désincorporées.

D’autres ont découvert le cycle des vies antérieures, communément appelé la réincarnation, mais quelles que soient ces alternatives ou ces croyances traditionnelles, elles supposent toutes que l’être humain survit sous une forme ou une autre à la mort de son organisme. Mais surtout, elles supposent toutes, une dimension spirituelle que ne suggère nullement à priori la question extraterrestre.

À moins que vous ne soyez convaincus que seul le néant existe comme porte de sortie, ce qui se passe après la mort est sacré et ce qui se passe dans un vaisseau extraterrestre ne l’est pas. C’est mystérieux, fou, incroyable, mais ce n’est pas sacré ! Les extraterrestres ne sont pas des envoyés de Dieu, des anges ou des archanges. Ce sont vraisemblablement des êtres plus évolués que nous. Pas davantage. Ils voyagent physiquement à bord de vaisseaux très sophistiqués, manifestent des capacités psychiques de contrôle et interviennent de manière étrange dans la vie quotidienne de gens bien vivants et qui en ressortent bien vivants. Ils sont terrifiés, traumatisés, blessés parfois, confus, mais vivants ! Ils ne vivent pas au royaume des Morts !

Chacun demeure convaincu que tout ce qui existe après la mort, sous quelle que forme que ce soit, appartient à une réalité spécifique bien définie, totalement et entièrement régie par une activité spirituelle pour ne pas dire divine, donc faisant intervenir des créatures spirituelles très spécifiques. Un vocabulaire tout aussi spécifique définit ces créatures et notre littérature commune dans ce domaine traite alors des saints, des anges, des archanges, du Christ, du Père ou de devas et guides spirituels, mais également de Dieu sous une forme ou une autre.

Que notre perception soit teintée ou non par des révélations religieuses ou spirituelles, ce domaine, comme nous l’avons déjà exprimé, est sacré. N’y touchez pas ! N’allez surtout pas commettre le crime suprême de le désacraliser en incluant des créatures extraterrestres quand bien même elles seraient blondes et lumineuses[2] comme cela est si souvent rapporté dans de nombreux récits d’enlèvements.

Vraiment ? Vous risquez d’être très surpris par ce qui suit.

Or, voilà ce sacrilège a été initié par plusieurs, mais principalement par le professeur Kenneth Ring. Il n’a probablement pas eu tort de le faire. Voyons cela de plus près.

Le professeur Kenneth Ring n’est pas un amateur. Il a conduit ses recherches sur l’EMI de manière très rigoureuse. Il est reconnu pour cela. Nous passerons donc sur ces références et son protocole pour en arriver à ses conclusions.

Communion, le livre de Strieber, fut malmené par la communauté scientifique. Pour le professeur Ring, il n’était pas question de traîner ça jusqu’à son bureau. Il le fit mariner sur sa table de chevet une ou deux semaines, se disant que n’ayant jamais lu quoique ce soit sur les fantômes, les esprits, les tables qui bougent et moins encore les soucoupes volantes, il n’allait pas succomber à l’injonction d’un éditeur, si malin soit-il ! Mais il le fit ! Sa lecture, comme il le confie lui-même, fut passionnante. Il dévora le bouquin. Pour résumer sa pensée dans les jours suivants sa lecture il écrit :

Les EMI (expériences de morts imminentes) et les enlèvements par des extraterrestres (ou quoi que ce soit d’autre) sont-ils en fait des voies alternatives menant à un type identique de transformation psycho spirituelle, une mutation s’exprimant sous forme d’une perception élargie du caractère sacré et non isolée de la vie et développant forcément un souci accru pour l’écologie et l’équilibre de la planète ?

Le professeur Ring se demande, si d’une certaine manière, l’EMI tout comme l’enlèvement ne sont pas une façon très particulière d’évoluer spirituellement, en d’autres termes, plus qu’un accident ou même un évènement aléatoire qui se serait malencontreusement produit. Il va plus loin encore et englobe l’ensemble de l’espèce humaine.

…se pourrait-il que d’une manière ou d’une autre, les EMI et les rencontres d’ovni/enlèvements soient l’expression d’une source qui aurait en outre pour dessein d’éveiller l’espèce humaine à une vérité dont elle a actuellement désespérément besoin pour assurer non seulement sa propre survie, mais la persistance de toute forme de vie ?

Il écrivit une lettre à Strieber et reçut une chaleureuse invitation en retour. Ils se rencontrèrent en mai 1987. Enthousiasmé par cette première rencontre, Ring se garde une certaine réserve malgré tout. Sa phobie du fantastique l’empêche encore de contempler le lien EMI-OVNI avec une totale sérénité.

J’ai souvent rappelé qu’un véritable chercheur est celui qui a le courage d’inclure dans le vaste champ des hypothèses ou des alternatives possibles, toutes ces dernières sans en exclure une seule, même les plus invraisemblables, quitte à les expurger de l’équation si d’aventure une explication naturelle, fondée, se révèle prouvée. Un chercheur courageux doit donc faire taire son Recueil de Croyances, dépasser ses limites, et tel un inspecteur de police, chercher le coupable même si rien ne prouve encore qu’il y ait eu meurtre. En d’autres termes, qu’il y croit ou non, il cherche ! C’est cette détermination qu’on palpe chez Ring lorsqu’il écrit :

Le livre de Strieber m’avait malgré tout montré qu’il existait peut-être un itinéraire inattendu menant à la même destination que la voie des EMI et, en ce sens, on pourrait dire que ce livre fut véritablement l’Alpha de mon Projet Omega.

Voilà le mot qu’il fallait : inattendu. Ring accepte de sortir de ses propres sentiers battus pour explorer une terre vierge dont il ne soupçonnait pas la nature et moins encore la simple existence.

Avant de poursuivre, voyons ce que Daniel Robin, auteur français, nous confie relativement à l’Oméga de Kenneth Ring. Il faut se rappeler que Teilhard de Chardin a utilisé bien avant tous, cette expression consacrée du point Oméga comme étant l’ultime destin de l’homme. Robin écrit :

Son hypothèse est que les EMI et les enlèvements annoncent l’intégration prochaine de l’Humanité dans le mystérieux Point Oméga et que les EMI sont l’une des principales voies qui mènent à ce point. Mais qu’est-ce que le Point Oméga ? L’Humanité est en marche vers le Point Oméga. C’est le père Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), prêtre jésuite et paléontologue, qui dans son ouvrage, Le phénomène humain (1955), nous révèle les perspectives grandioses du Point Oméga. Pour Teilhard de Chardin, Oméga est le sommet de la pyramide évolutive. C’est le point ultime d’émergence et de convergence de la Conscience Planétaire. Avec le Point Oméga, nous ne sommes plus dans l’humain, mais dans l’ultra humain. L’humanité est transcendée. Elle est enfin admise, après des milliers d’années de tribulations et d’errements, au degré suprême de sa marche ascendante. Mais ce qui advient concrètement de l’Humanité dans le Point Oméga est pour nous, hommes du XXIe siècle, difficile à imaginer. Pour l’homme moderne, Oméga est un but, un objectif encore lointain, dont nous ne pouvons saisir, pour le moment, que les prémisses et les signes avant-coureurs. Nous tendons vers ce Point, mais nous ne pouvons pas encore comprendre réellement ce qu’il est. Nous essayons de l’approcher en suivant plusieurs pistes, mais il est encore trop tôt pour que nous puissions l’appréhender dans toute sa plénitude.

Selon Kenneth Ring, l’un des signes avant-coureurs capables de nous indiquer la direction du Point Oméga est celui de l’extension du phénomène des EMI et de toutes les expériences qui présentent des épisodes similaires à ces dernières. (ovni). Comme l’annonce le titre de son ouvrage, une partie de l’Humanité est actuellement en route vers Oméga. L’homo noeticus, c’est-à-dire l’homme/conscience ayant atteint un haut degré d’élévation spirituelle, est en train de naître et commence à tirer toute l’Humanité vers le haut. Kenneth Ring admet cependant que les rescapés des EMI ne forment qu’un courant spécifique dont les eaux se jettent dans une rivière aux nombreux affluents. Ces affluents sont composés d’une grande diversité d’expériences ayant chacune un caractère spirituel élevé. En clair, cela signifie que les chemins susceptibles de mener vers le Point Oméga sont nombreux et variés, mais que le but est unique et qu’il concerne tous les hommes. La question n’est pas tant de savoir si le Point Oméga existe ou n’existe pas. L’essentiel est que l’Humanité ait un projet à long terme de développement à la fois spirituel et matériel.

Le Point Oméga n’existera que si nous le portons déjà en nous à l’état de projet. C’est parce que nous aurons l’ambition de le créer, que le Point Oméga existera. C’est un objectif que nous devons nous fixer dès à présent. C’est un projet grandiose dans lequel chaque être humain a sa part de responsabilité. Atteindrons-nous jamais un jour ce sublime point où tous les conflits seront enfin épuisés, où toutes les peurs, les terreurs, les haines, les égoïsmes, les souffrances, les doutes, les divergences, les craintes, et les faiblesses actuelles ne seront plus que les souvenirs d’une « enfance » insouciante et turbulente de l’Humanité, les étapes préliminaires d’un développement qui doit nous mener vers une forme d’existence presque divine ?[3]

Il est impossible de répondre aujourd’hui à une telle question. Tout ce qu’il est possible de faire dès maintenant, c’est d’essayer de repérer les signes qui pourraient nous laisser croire qu’effectivement, nous nous dirigeons vers ce point qui semble si lointain. Pour le moment, les objectifs à atteindre peuvent paraître très modestes en regard du but final, mais il faut garder à l’esprit que nous ne sommes qu’aux premiers stades d’un processus évolutif qui peut s’étendre sur une période de temps aussi courte que longue, nul ne le sait. Pour le professeur Kenneth Ring, il ne fait aucun doute que les expériences aux frontières de la mort EMI et surtout les répercussions qu’elles entraînent chez les personnes qui les ont vécues représentent un de ces signes avant-coureurs qu’il faut activement rechercher.

Le Kenneth Ring d’avant sa lecture et sa rencontre avec Strieber et le Kenneth Ring d’après cette même lecture et rencontre est à ce point différent, que cela en est déroutant. Durant les toutes premières pages de son ouvrage, il ne cesse d’insister sur le lien étroit qui existe entre les EMI et les enlèvements. Il ne fait pas que créer un pont et le franchir, il saute dessus à pieds joints en criant, « Voyez ! Ça tient », et en nous exhortant tous à le franchir. On a l’impression de vivre la fureur de l’inspiré telle que décrite par Cicéron. Faisons cela!

Après avoir présenté une sélection de dossiers d’enlèvements et par la suite d’EMI, Kenneth Ring découvre un premier lien. Il rappelle que les EMI constituent une sorte de voyage initiatique. Ce dernier est toujours constitué de trois aspects : séparation des siens, épreuves marquantes et pénibles, retour parmi les siens. Il cite alors Bill Chalker, ufologue australien.[4]

Les chamans aborigènes ont une tradition forte et cohérente d’initiation rituelle dont les éléments présentent des similitudes étonnantes avec les enlèvements des ovnis et les contacts avec eux tels qu’ils sont relatés de nos jours.

Ring ajoute :

À propos des rencontres avec des ovnis et spécialement celles impliquant des enlèvements, j’ai mentionné, vous vous en souviendrez, que celles-ci prennent la forme d’un voyage initiatique. Le parallèle avec les EMI saute aux yeux immédiatement.

Plus loin, Ring découvre que certains récits d’enlèvement sont à ce point semblables à ceux des EMI qu’un lecteur non averti ne saurait en faire la différence.

Serait-il possible que les deux univers, ceux des EMI et ceux des enlèvements, en dépit de leurs différences ne soient pas en définitive des univers distincts, mais fassent partie d’un même univers ? Les témoins des deux expériences auraient-ils plus de points communs que nous ne l’aurions cru jusqu’à maintenant ?

Cette affirmation est très lourde de conséquences si elle devait refléter une certaine réalité. Cela signifierait que le plan extradimensionnel de certains types d’enlèvements est également celui parcouru ou visité temporairement par l’esprit conscient de gens déclarés cliniquement morts, mais également par celui des défunts. Inutile d’insister sur la colossale implication que cela représente. Mais avant et dès le départ, et c’est important de le rappeler, Ring refuse obstinément de considérer l’EMI ou l’enlèvement comme une manifestation pathologique.

À mon point de vue, les recherches concernant le profil psychologique des individus faisant état d’expériences anormales EMI-OVNI ont échoué parce qu’elles se sont orientées vers des problèmes de psychopathologie générale. Or, c’est une fausse piste. Il faudrait en réalité suivre celle des caractéristiques psychologiques spécifiques de l’enfance ou des événements spécifiques de l’enfance tendant à prouver qu’il existe DÉJÀ chez certains sujets une PRÉDISPOSITION à rapporter des expériences inusitées.

Ring tente ici d’expliquer pourquoi certains sujets se souviennent de leur expérience et d’autres pas. Son explication est extrêmement intéressante. C’est que nous considérons que Ring vient de toucher au cœur du problème et qu’en bout de piste, ceux qui se souviennent de leurs expériences le font parce qu’ils ont une prédisposition à se souvenir d’événements vécus dans un état de conscience altérée, versus les autres qui n’ont pas cette prédisposition. Cette dernière serait acquise dès l’enfance.

La clef est dans l’enfance

Ring va démontrer que la facilité de composer avec les états de conscience altérée se développe dans l’enfance selon précisément le type d’enfance vécu. Il cite à ce sujet l’écrivain Robertson Davies : « L’enfance, voilà la clé. Ce n’est pas la seule, mais la première au mystère de la créature humaine. »

Pour y arriver, le professeur Ring et son équipe ont élaboré, auprès de leurs sujets et leurs sujets de contrôle, une batterie de tests expressément conçus pour répondre à cette question. L’enfance des sujets fut passée au crible sans omettre le moindre détail. Le groupe de contrôle représente un nombre X d’individus ayant un intérêt pour la question, mais qui n’ont pas vécu d’expériences. La première constatation de Ring est fondamentale :

Les individus relatant des EMI ou des enlèvements ne constituent pas un groupe psychologique distinct par rapport au groupe de contrôle. Les enlevés ne sont pas non plus différents des simples témoins d’observations d’ovni. La méthodologie destinée à découvrir ces failles démontre qu’aucune faille n’existe et lorsque appliquée à déterminer l’aspect paranormal de leur existence, elle découvre l’existence de ces phénomènes. Puisque c’est la même méthode qui fut utilisée, on ne peut donc affirmer que les sujets enlevés ont un désordre psychologique PARCE QU’ILS ont vécu des expériences paranormales.

Bref, les expérienceurs ont non seulement vécu des expériences paranormales, mais démontrent des aptitudes d’ordre parapsychologiques, ce qui pourrait alors signifier que ces gens détiennent le code qui ouvre la porte des réalités parallèles alors que les autres (vous et moi) se frapperont le nez sur cette porte qui s’obstine à ne pas vouloir s’ouvrir. Il est donc naturel pour nous de soit nier l’existence de la porte ou de nier à d’autres la possibilité de l’ouvrir. Nous serions donc bêtement jaloux.

Kenneth Ring croit que les traumatismes de l’enfance facilitent l’intériorisation. La plupart des psychologues insistent sur l’aspect négatif des traumatismes, alléguant qu’ils produisent un impact parfois dévastateur sur la personnalité à venir. Ces enfants développent une timidité profonde et débilitante, ils deviennent renfermés sur eux-mêmes et s’isolent des attaques du monde extérieur. En définitive, ils ne font pas de bons adultes et paient le prix émotionnel de ces traumatismes par un rejet de leur famille ou de la société. Les psychologues tendent donc de rectifier le tir et d’offrir à ces adultes une alternative en maîtrisant ces douleurs internes dans le but de favoriser une sorte de réinsertion dans le monde normal. Tout cela est très bien. Par contre, ce que la psychologie moderne n’a jamais abordé, c’est l’aspect positif des traumatismes qui se traduit par une plus grande facilité de la personnalité à demeurer consciente, lors d’événements vécus de l’intérieur. En fait, les psychologues vont même jusqu’à taxer cette facilité de problème, alléguant qu’il n’est pas naturel de ressentir ce genre de choses et la psychiatrie prend le dessus en offrant une kyrielle de pathologies comme explications. Selon certains, la schizophrénie pourrait même être une forme d’intériorisation plutôt qu’une maladie. Nous ne débattrons pas de cette question, elle est trop sensible et les travaux de Ring ne vont pas aussi loin. D’ailleurs, rappelons certains propos du célèbre psychiatre John Mack : « J’ai l’intention de revoir certains de mes propres dossiers d’aliénation à la lumière de mes découvertes dans le domaine du paranormal ».

L’étude d’Oméga fait état du niveau des traumatismes déclencheurs de l’intériorisation :

  1. la violence physique et les châtiments corporels
  2. la cruauté mentale au niveau de l’insulte répétée, de l’humiliation
  3. les abus sexuels
  4. le manque de soins physiques ou/et affectifs
  5. l’ambiance familiale négative au niveau de la violence physique ou mentale chez les parents, entre eux.

L’étude de Ring est formelle : les enlevés ont une nette proportion d’incidents du genre par rapport au groupe de contrôle. Les travaux du chercheur démontrent que les enfants ayant souffert de maladies graves ont également développé cette même faculté d’intériorisation. Par contre, je propose une nuance qui me paraît essentielle. Ring dit à la fois « ceux qui se souviennent de leur expérience » et « ceux qui vivent une expérience ». À mes yeux, il y a là une très grande différence. En d’autres termes, Ring soutient que les gens qui ont vécu un traumatisme dans leur enfance ont une faculté d’intériorisation qui leur permet de vivre et de se souvenir de leur expérience paranormale, EMI, enlèvements ou autres. Donc, si vous n’avez vécu aucun traumatisme dans votre enfance, vous êtes moins à même de vous souvenir de l’intérieur d’une expérience paranormale. Sur ce point, je suis d’accord. Mais je suis convaincu que cette absence remarquée d’un traumatisme dans l’enfance ne signifie nullement que vous ne vivez pas d’expériences paranormales ! Je crois que tout être humain, sans aucune exception, vit à un moment donné ou un autre de sa vie de véritables expériences paranormales, mais jusqu’à sa mort, il n’en saura rien et niera éventuellement l’occurrence de ces expériences.

Une profonde transformation

Cela dit, les effets permanents de ces expériences peuvent être évidemment plus importants chez ceux qui se souviennent puisque, de toute évidence, ils sont ramenés au conscient et donc revécus, analysés, intégrés ou rejetés.

Les rencontres paranormales (EMI-OVNI) apparaissent comme une porte ouverte à une transformation radicale à base biologique de la personnalité humaine. Nos données suggèrent qu’en fait, cette transformation soit d’ordre psychique et physique et que les sujets subissent, au travers de leurs expériences, certaines transformations qui affectent leur fonctionnement physiologique, leur système nerveux, leur cerveau et leurs processus mentaux, de façon à permettre la manifestation d’un niveau d’humanité plus élevé.

De son côté, Margot Grey écrit :

Il se pourrait donc qu’un nouveau type d’humanité puisse voir le jour et pour que cette éclosion ait lieu, notre conscience et nos structures biologiques sont en train de subir une transformation radicale.

L’étude d’OMÉGA démontre hors de tout doute que l’expérience EMI-enlèvement, opère des changements chez le sujet : goût de la vie, acceptation de soi, considération à l’égard d’autrui, diminution du matérialisme, quête d’un sens à la vie et spiritualité. Toutefois, le changement le plus important est la sensibilité considérable qui se développe chez les sujets face aux problèmes écologiques et environnementaux. Ring écrit :

Il existe un accord très large, sur les postulats, suggérant que nous sommes pris dans le courant d’une évolution vers une perception spirituelle plus fine et un niveau de conscience plus élevé.

De son côté, Henri Corbin, ce spécialiste de l’étude des religions, dont l’Islam en particulier, écrit :

Il faut bien comprendre que l’univers dans lequel ont pénétré ces visionnaires est parfaitement réel. Sa réalité est plus irréfutable et plus cohérente que celle de l’univers empirique où la réalité est perçue par les sens. Ceux qui ont contemplé cet univers sont parfaitement conscients, à leur retour, d’être allés autre part et il ne s’agit pas de simples schizophrènes. Cet univers est occulté par l’action même de la perception sensorielle et c’est en dessous de ses apparences de certitude objective qu’il faut le chercher. C’est pourquoi on ne peut absolument pas le qualifier d’imaginaire dans le sens courant du terme, c’est-à-dire irréel ou non existant. Cet univers, imaginal, est ontologiquement aussi réel que l’univers des sens et de l’intellect. Nous devons veiller à ne pas le confondre avec l’imagination que l’homme soi-disant moderne identifie au fantasme.

L’univers imaginal de Corbin est l’explication la plus simple qu’on puisse trouver à cette troisième voie entre le réel et le fantasme. Le rêve lucide, par exemple, dans lequel nous ressentons le froid ou la chaleur, le toucher, l’odeur, relève du monde des sens, mais pas ceux du corps. Il faudra bien un jour admettre que nous avons une vie très active hors du corps, lorsque celui-ci est en période de repos sensoriel, lorsque le cerveau conscient est en retrait. Mais Corbin va beaucoup plus loin et rejoint en ce sens les experts qui soutiennent la réalité du phénomène. Il écrit :

C’est un univers possédant une étendue et des dimensions, des formes et des couleurs, mais ces caractéristiques ne peuvent être perçues par les sens de la même manière que si c’était les propriétés de corps physiques.

Ring ajoute :

Non seulement l’univers imaginal est réel, mais encore il possède des formes, des dimensions et c’est ce qui est le plus important pour nous, il comprend des personnes ou entités. Si comme je l’ai dit précédemment, les rencontres paranormales impliquent à la fois une évolution du corps et de l’âme, il faut maintenant explorer cette dernière. L’évolution au sens où je l’entends ici n’est pas simplement psycho physiologique ; elle est aussi psycho spirituelle.

Une vision du futur

Le professeur Kenneth Ring est on ne peut plus clair. Pour lui, l’événement EMI et l’enlèvement exercent un impact psycho spirituelle. Cela signifie donc que si nous voulons rapprocher ce phénomène de l’ensemble des autres facteurs qui ont eu un impact psycho spirituel, il faut immédiatement cesser de mettre exclusivement en avant le champ de recherche empirique, le placer en parallèle et s’attarder à cette dimension psycho spirituelle avec autant d’attention. Ceci dit, l’auteur du Projet Oméga ne cache pas l’ampleur inattendue et renversante de sa thèse. Lisez bien ce qui suit :

Ma thèse en un mot est que dans l’univers des rencontres extraordinaires, EMI et enlèvements, la vision coïncide avec la destinée. Ce que nous voyons dans la vision imaginale est une représentation de notre environnement futur. Et quand je dis environnement futur, je ne parle pas d’un quelconque univers supposé après la mort, sans pour autant en nier l’existence. Je veux dire que cela deviendra notre cadre de vie AVANT la mort. En fait, la frontière entre le monde des morts et celui des vivants pourrait bien finir par ne plus être aussi nette. Les voiles qui cachaient le visage du monde non physique seront levés et nous deviendrons nous-mêmes des êtres diaphanes au corps de lumière, si les spéculations que nous allons vous livrer sont une lecture juste de notre condition future et des possibilités ouvertes par ce type d’expériences. Bref, je crois que cette fascination à l’égard des rencontres paranormales dans lesquelles nous sommes immergés est sans doute le présage d’une chamanisation de l’humanité contemporaine. Nous pourrions en être aux premiers stades d’un changement majeur de niveau de conscience qui amènera finalement l’humanité à vivre dans deux mondes à la fois, le monde physique et le monde imaginal.

C’est à ce niveau que nous nous rejoignons. La dynamique EMI-enlèvement serait donc appelée éventuellement à s’élargir, à devenir accessible à tous éventuellement, à tout le moins au niveau de la conscience qui n’occulterait plus les incidents paranormaux, quelle que soit leur nature. Le paranormal deviendrait donc… normal. Les propos qui suivent expriment de façon magistrale ce que j’essaie de transmettre comme message. Terence McKenna[5] écrit :

Si l’on considère ce que disent à propos des rêves ceux qui suivent une tradition chamanique, on s’aperçoit qu’au plan de l’expérience, la réalité rêvée est pour ces gens-là un continuum parallèle… Je vous invite à prendre au sérieux l’idée d’un continuum parallèle et j’affirme que l’esprit et le corps sont imbriqués dans le matériau du rêve et que le rêve est une dimension spatiale d’un ordre plus élevé. Pendant le sommeil, on accède au monde réel dont le monde éveillé n’est que la surface, au sens géométrique littéral. Nous ne sommes pas essentiellement des êtres de nature biologique, dont l’esprit ne serait qu’une sorte d’excroissance iridescente, une espèce d’épiphénomène au niveau le plus noble de la biologie. Nous sommes en réalité des espèces d’objets hyperspatiaux, projetant leur ombre sur la matière. Cette ombre portée sur le fond de matière est notre organisme physique. La véritable entité historique qui devient imminente est l’âme humaine. Le corps simiesque a servi à nous amener jusqu’à cet instant de libération et il continuera à nous servir de référence en tant qu’image de nous-mêmes, mais nous en arrivons de plus en plus à exister dans un univers façonné par l’imaginaire de l’homme. C’est cela le retour vers le Père, la transcendance de Physis, l’ouverture des portes de la cage de fer gnostique universelle qui emprisonne la lumière ; c’est cela. Cela signifie au bas mot la transformation de notre espèce.

En terminant, le professeur Ring a également eu l’occasion de rencontrer Betty Andreasson :

Je n’ai aucun doute sur la réalité des expériences vécues par Betty. Fowler semble convaincu, tout comme moi et d’autres chercheurs tel Michael Grosso et le thanatologue John B. Alexander, qu’il existe un lien direct entre les enlèvements et les EMI. Je me dois maintenant de reconsidérer plusieurs de mes dossiers dans lesquels on retrouve des similarités insoupçonnées entre l’enlèvement et l’EMI. Ceux et celles qui ont expérimenté les EMI ont notamment en commun avec Betty la très nette impression que la directive première pour l’humanité est l’amour inconditionnel et ces sujets ont tous un désir très vif de maintenir cette impression et de la faire croître… s’ajoute à cela une très vive préoccupation pour le sort de la planète elle-même et qui constitue, selon les chiffres dont je dispose, la principale valeur que retirent les sujets d’EMI, tout comme les sujets d’enlèvements.


[1] Il s’agit d’un expérienceur très célèbre aux États-Unis.

[2] Le terme approprié pour ces créatures est nordique. Il n’est pas utile de me faire la blague habituelle sur le hockey, c’est surfait.

[3] Sur ce point, Strieber est convaincu que l’humanité n’y parviendra pas !

[4] The Oz Files. Duffy and Snellgrove. 1996.

[5] Écrivain et philosophe américain (1946-2000).

_________________________________________________________________________________________________________________

La mort n’est qu’un masque temporaire entre deux visages

Sans ambages, sans retenue, Jean Casault nous le dit carrément, en tant qu’Esprit éternel enfermé dans un corps pour expérimenter et vivre la vie, nous survivons à la mort du corps et après un moment nous revenons dans un autre. C’est le processus de la réincarnation et personne n’y échappe ! Un livre qui fut best-seller dès sa sortie.

Disponible en librairies, en bibliothèques ou peut être commandé chez l’éditeur ou Amazon.



Catégories :Métaphysique et paranormal

Mots-clés :, , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Pour oublier votre commentaire, ouvrez une session par l’un des moyens suivants :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueueurs aiment cette page :