Lucifer (article 16)

Crédit pour le montage graphique : Éric Dorion

Je suis loin d’être convaincu de son existence, mais je suis loin d’être convaincu de son inexistence. Je navigue dans des eaux troublées par les récits religieux alors qu’en dehors de ces fadaises, il reste possible qu’une créature extrêmement sournoise puisse exister. Explorons les personnes devenues diaboliques. Lucifer est un nom d’origine latine avec le préfixe lux qui signifie lumière et ferre qui signifie porteur de, ou porter. Lucifer est la francisation d’un titre et non d’un nom propre et devient une entité spirituelle qualifiée de Porteur de Lumière. Lucifer est donc un titre et non pas un nom propre. Le mot lumière ici doit être pris dans le sens qu’on en fait pour définir le Siècle des Lumières, c’est-à-dire la connaissance, le savoir, une thématique que nous allons retrouver dans la Genèse hébraïque lorsque Nahash, le Tentateur, vient séduire la femme Ève pour qu’elle mange du fruit de la connaissance du Bien et du Mal.

Les trois religions monothéistes ont créé chacun un Dieu à leur image : le Yahvé des juifs, le Père des chrétiens et le Allah des musulmans. Ont-ils fait de même avec leur Diable ? Le nom de Lucifer n’apparait pas dans les textes bibliques en passant, la seule référence qui existe est très controversée parce qu’on ne sait pas si elle parle de l’Ange déchu ou d’un Roi de Babylone. C’est normal, l’enfer et le Diable ont été surpublicisés en 1215 nous l’avons vu, donc bien après la rédaction des écrits bibliques et le Diable antique est beaucoup moins effrayant que celui de l’Église. Lui et Dieu sont presque copains ! Démonstration.

Job

Certains passages sont troublants, notamment lorsque Dieu et Satan se prennent la tête comme deux voisins dans une chicane de clôture propre à nos banlieues.

Dans Job 1 :7 – L’Éternel dit à Satan : D’où viens-tu ? Et Satan répondit à l’Éternel : De parcourir la terre et de m’y promener.

1:8 – L’Éternel dit à Satan : As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’y a personne comme lui sur la terre ; c’est un homme intègre et droit, craignant Dieu, et se détournant du mal.

1:9 – Et Satan répondit à l’Éternel : Est-ce d’une manière désintéressée que Job craint Dieu ?

1:10 – Ne l’as-tu pas protégé, lui, sa maison, et tout ce qui est à lui ? Tu as béni l’œuvre de ses mains, et ses troupeaux couvrent le pays.

1:11 – Mais étends ta main, touche à tout ce qui lui appartient, et je suis sûr qu’il te maudit en face.

1:12 – L’Éternel dit à Satan : Voici, tout ce qui lui appartient, je te le livre ; seulement, ne porte pas la main sur lui. Et Satan se retira de devant la face de l’Éternel.

Reprenez ce dialogue à la Québécoise et vous allez tout comprendre. Une gageure entre deux rivaux.

– Ah ben tiens, Satan ? Ça fait un bout, veux-tu ben me dire où t’étais passé ? Tu veux une bière ?

– Ouais mais pas trop froide. Euh, bof, je suis allé ici et là. Tu sais ce que c’est hein, je regardais comment les choses se passent dans ton patelin. Humm est bonne, tu l’as fait avec des pommes ?

– Pas de problème, répond Dieu, donc je me demande si tu as vu Job ? C’est tout un numéro celui-là, un de mes plus fidèles supporters, loyal, il obéit aux lois, il est par-fait ! Tu ne l’aimerais pas !

– Oui, oui, je sais de qui tu parles. Je veux bien y croire, mais c’est un peu facile à dire. Pas fou le gars ! Il sait que tu le protèges, que tu l’as aidé, à faire ça, à faire ci, alors surprends-toi pas s’il est si fidèle et loyal, il ne va pas mordre la main qui le nourrit. Comme un bon chienchien. Mais, touche à ses affaires, commence à y enlever des choses et tu vas voir ce ne sera pas long qu’il va te faire dans les mains et venir faire un tas sur ton perron, ton bonhomme.

– Oh une gageure ? Okay. Habituellement j’en fais un péché, mais ok, fais ce que tu veux avec, mais touches-y pas, enlève-lui tout ce qu’il a et tu vas voir que Job va me rester fidèle et loyal, et ça va te servir de leçon… mon homme ! Tu bois dont ben vite. Une autre ?

Dans un autre texte cette fois, c’est le chef des milices célestes qui lui, n’a, semble-t-il, aucune patience envers le Diable, car Il y eut guerre dans le Ciel. On voit le tout dans un autre livre de la Bible.

L’Apocalypse

Voilà effectivement un livre très étrange, unique et très différent de tout ce qui se trouve rassemblé comme différents ouvrages au sein de cette espèce de compendium judéo-chrétien qu’est la Bible. Ce texte est celui qui en le dit le plus sur Satan, ses intentions, et par un Dragon interposé, sa lutte contre l’Archange Michel. Nous voilà donc avec l’Apocalypse, au cœur d’une révélation de Jésus à un certain Jean, un autre que l’auteur du 4e évangile. Un petit rappel qu’aucun texte de la Bible n’est proprement et adéquatement signé par un auteur identifié en entier avec un nom complet, une ville d’origine, un métier ou une occupation et une liste d’autres écrits pour lesquels ils sont connus. C’est Jean ! On doit se contenter de Jean ici, Luc là, Ben Sira ici, un autre Jean, Marc, etc… Le seul auteur connu est Paul, soit Saul de Tarse, citoyen romain responsable de la sécurité au Temple de Jérusalem et chasseur de chrétiens qui aurait changé son fusil d’épaule pour d’obscures raisons liées possiblement à son épilepsie chronique.

Une première mention de l’existence de Satan est lancée à l’intention de l’Église Smyrne, un port d’Asie Mineure près d’Éphèse. Je ne vais pas reproduire tous les versets impliqués cela devient lourd très rapidement et trop hermétique, alors que mon intention ici est d’élaguer l’Arbre de la Connaissance et non le rendre inaccessible. J’en expurge donc une version plus amène.

Jean explique ainsi à ces gens de Smyrne qu’il est conscient que des non-juifs font d’eux des adorateurs de Satan et qu’ils vont en souffrir pendant dix jours, en prison, par les soins de Satan, mais les enjoint de tenir bon. Trahissant son âge par la mention d’une secte connue qui n’existe plus depuis longtemps, l’Apocalypse traite de Satan encore une fois. Il leur dit qu’ils ont parmi eux effectivement des membres de la secte des Nicolaïtes. Il écrit : « À vous, à tous les autres de Thyatire qui ne reçoivent pas cette doctrine et qui n’ont pas connu les profondeurs de Satan, comme ils les appellent, je vous dis : Je ne mets pas sur vous d’autre fardeau. » Oui, je sais, ce n’est pas très clair, mais l’Apocalypse n’est pas réputé pour sa limpidité.

Puis, on passe au chapitre 12 qui évoque les noms de Michel et de Satan dans une lutte féroce entre le Bien et le Mal. Il est alors question d’une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, avec une couronne de douze étoiles sur sa tête, enceinte, dans les douleurs de l’enfantement. C’est alors que surgit un grand dragon rouge, à sept têtes et dix cornes, et un diadème sur chacune de ses têtes. On comprend ici qu’il y a toute une symbolique ésotérique dans ces symboles monarchistes, mais dont les diverses interprétations sont trop variées pour être retenues. « Sa queue jette sur la Terre un grand nombre d’étoiles et il se tient devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer son enfant dès sa naissance. Elle enfanta un fils, qui devait régner sur toutes les nations avec une verge de fer, mais il fut enlevé vers Dieu. La femme s’enfuit dans le désert où elle avait un lieu préparé par Dieu, afin d’y être nourrie pendant mille deux cent soixante jours. »[1]

C’est alors que ce passage très connu en 12:7, nous apprend qu’il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts. Voilà donc que ce grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, fut précipité avec ses anges sur la Terre. Jean prétend alors qu’une voix s’est fait entendre indiquant que le salut est arrivé, car l’accusateur des hommes a été chassé. Possible, mais ce ne sont pas des bonnes nouvelles pour les hommes, pour les anges oui, parce qu’ils habitent les cieux, mais pas pour nous : « Malheur à la Terre et à la mer ! car le diable est descendu vers vous, animé d’une grande colère, sachant qu’il a peu de temps. »

Le récit se poursuit quand le dragon, le Diable en somme, voyant qu’il avait été précipité sur la Terre, se mit à pourchasser la femme qui avait enfanté l’enfant mâle dont on a parlé plus haut. Une sorte d’ensorcellement magique fit alors que des ailes d’aigle lui poussèrent de sorte qu’elle puisse s’échapper dans le désert. C’est plus fort que moi, j’ai vu une scène du dernier volet du Seigneur des Anneaux en lisant cela. Comment se fait-il que personne encore n’ait eu l’idée de faire un film avec l’Apocalypse ! Réponse, il n’y a rien à y comprendre.

Là-bas on prend soin d’elle et le texte est plutôt hermétique, très ésotérique à mon sens : 12:14 « où elle est nourrie un temps, des temps, et la moitié d’un temps, loin de la face du serpent ».

Le dragon devenu serpent tente de la noyer en l’aspergeant de l’eau d’un fleuve, lequel personne ne le sait, on est dans le désert, mais la terre la secourut en absorbant l’eau. Évidemment, le dragon-serpent est furieux « …et il s’en alla faire la guerre au reste de sa postérité, à ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus. » Il fallait bien un peu de promotion religieuse dans cette histoire. L’ésotérisme particulièrement très hermétique de ces versets n’a jamais vraiment été révélé et fait intéressant, ces versets très Tolkien comme déjà dit, ne seront jamais plus évoqués par l’Église dans ses enseignements. Jamais un Curé en chaire n’a cité ces textes. Jamais. Ils font allusion à une situation entièrement nouvelle, étrange et complètement détachée du monde dans lequel va évoluer le mystère du dit nommé Jésus.

Qui est cette femme mystérieuse qui enfante un enfant destiné à régner sur Terre avec une verge de fer et qui s’enfuit pour protéger son enfant ? Certes rien dans cette allégorie n’a de rapport, même lointain, avec celui qui va naître et mourir sans jamais régner avec une verge de fer, puisque pas plus Roi des Juifs que Roi du Monde, ce personnage ne se définira jamais comme autre que celui dont le Père est dans les cieux. Alors qui est cet enfant ? Et qui donc est cette femme et ce dragon ? Pardonnez l’expression, mais voilà un bar ouvert à multiples interprétations toutes plus colorées et fantaisistes les unes que les autres.

L’Ange déchu

La complexité du récit ésotérique rappelle le concept de la lutte du Bien et du Mal, lequel on retrouve dans les récits de la Bhagavah-Gita, que j’ai redécouvert l’hiver dernier en Floride. Aride, cette lecture m’aura quand même permis de découvrir les échanges entre Krishna et Arjuna sur la lutte à venir contre les forces du Mal. Or, on retrouve également dans les récits de Zeus cette lutte contre les Titans, de Seth et Osiris, de Horus et d’Osiris, de Thor et de son père Odin contre les géants de glace de Jötunheim, et en bref, de tous les grands personnages de toutes les mythologies, SANS AUCUNE EXCEPTION. 

Le concept du Diable judéo-chrétien est né, dès le départ de l’ange déchu, chassé du ciel, puni pour avoir désobéi à Dieu et qui, en réponse à son bannissement du Ciel, se révolte et cherche à entraîner l’humanité avec lui, en la persécutant. C’est une thématique résiliente et quasi universelle, même soutenue par des cultures aussi distantes les unes des autres que variées et différentes. Il n’y avait pas d’Internet durant l’Antiquité.

Une autre version, plus près de l’Islam celle-là, évoque le refus de cet Ange de servir l’homme, de le reconnaître comme une créature digne ! Quand les Juifs, les chrétiens et les musulmans s’entendent comme larrons en foire sur un même concept de cette importance, il faut s’y attarder, car l’autre point qu’ils ont commun est l’existence d’un Dieu Unique. Sans tomber dans le démoniaque au quotidien, il y a lieu de s’interroger.

Le principal texte évoquant les anges déchus est exclu des récits religieux et est dit apocryphe. C’est Le Livre d’Hénoch sur lequel nous allons nous attarder, ne serait-ce que parce qu’il va nous interpeller sur un aspect extrêmement important ; la mythologie hébraïque. Surpris ? Je le fus ! En effet, outre la Torah, et le Talmud inclus, les Juifs ont à part une mythologie qui leur est propre et tout à fait méconnue. Ainsi, pour les Juifs, il existait une race d’Êtres appelés les Grigori. Ce sont des Célestes descendus sur Terre pour surveiller les hommes, mais qui se sont mariés avec des femmes humaines et ont eu des enfants appelés Nephilim qui eux, se réfèrent à ces versets du chapitre 6 de la Genèse à savoir que :

Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées, les Fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu’ils choisirent. Alors Yahvé dit : « Mon esprit ne jugera plus l’homme pour ses fautes, car l’homme est fait de chair, et ses jours seront de cent vingt ans. Les Nephilims se trouvaient sur la Terre en ces jours-là, et aussi après cela, quand les fils du vrai Dieu continuèrent d’avoir des rapports avec les filles des hommes et qu’elles leur donnèrent des fils : ils furent les hommes forts du temps jadis, les hommes de renom.

Ils furent les hommes forts du temps jadis, les hommes de renom, fait donc allusion à la mythologie hébraïque, ce que l’exégèse traditionnelle ne révèle pas, sans doute parce qu’il est un peu gênant d’imposer à des chrétiens une bible qui véhicule des concepts de pure mythologie, un peu comme si on parlait de Thor ou de Poséidon dans le livre des Nombres. Oui, très gênant, une des raisons pour lesquelles l’Église préférait que vous ne lisiez pas la bible ! D’ailleurs si vous interrogez un religieux bien ordinaire sur ces questions, il n’aura que très peu de choses à vous dire. L’un d’eux m’a balbutié les yeux fuyants « ce sont des passages très confus ». Oui merci, j’avais noté.

Ces versets bibliques parlent de Fils de Dieu au pluriel, alors que Jésus est censé être le Fils Unique. Ils traitent d’entités célestes qui épousent des femmes bien terrestres ce qui commence plus à ressembler à mon bouquin Il était une fois des humains et des extraterrestres qu’à un texte religieux et sacré.

Prochain article (17). Le fabuleux récit d’Hénoch.


[1] Soit 3,5 ans, si on considère l’année de 354 jours de l’Antiquité

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Il était une fois des humains… et des extraterrestres

Depuis l’anneau d’ambre lumineux, cette mystérieuse initiation survenue chez moi en décembre 1966, je révèle sans aucune retenue les arcanes de l’ufologie et de la métaphysique au grand public. Après 50 ans, je présente enfin ce que réclament tous mes lecteurs depuis longtemps : l’histoire commune des terriens et des extraterrestres.

Je tire mes sources de mes propres expériences, de mes travaux auprès d’autres expérienceurs privilégiés et de gens dotés de capacités métaphysiques. Il était une fois des humains et des extraterrestres. Nous nous sommes connus il y a près d’un million d’années, nous avons grandi, prospéré ensemble, puis, un jour tout a changé. C’est une relation complexe dont voici tous les tenants et aboutissants, les où, les quand, les comment et surtout les pourquoi! Retenez bien ceci : tout a déjà été dit, il n’y a jamais eu de secretsque de l’ignorance et surtout de l’indifférence.

Disponible en librairies, en bibliothèques ou peut être commandé chez l’éditeur ou Amazon.



Catégories :Le Mal

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5 réponses

  1. Oui ça ressemble à votre livre ,je vois mal les prêtres, les cardinals les papes dévoiler les origines des bibles beaucoup à perdre pour eux ,comme le pouvoir sur les personnes qui pratique encore les religions et si on nous disait la vérité si il y a je crois qu’on aurait problème entre peuples

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  2. Vous récits sont vraiment passionnant, que de mensonges nous avons et subissons encore pour le règne de ces hommes supposément supérieurs, mais la vérité sortira un jour et nous la connaitrons.

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  3. Je suis d’accord avec vous, ces récits bibliques sont embruns d’ésotérisme, de superstitions, de fables et de magie, etc. J’ai lu la Bible un jour pour dire que j’avais lu la Bible et je me serais cru dans un roman de science-fiction.

    Je ne crois pas en Lucifer. Mais, je crois aux ET comme des explorateurs qui viennent d’un autre monde.

    Toutefois, je dois avouer que j’ai adoré écouter la série Lucifer Morning Star sur Netflix. Ce sympathique petit diable, roi des enfers, je lui aurais permis de mettre ses pantoufles sous mon lit et je me serais accordé le privilège de me dévergonder avec lui. Lollllllllllllllllllllllllllllllll! Ah! La folie ne porte pas toujours à tuer…

    J’imagine le SAINT-SIÈGE faire des crises d’urticaires devant la popularité de la minisérie.

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  4. Le Lucifer de Nelflix est très infantile on s’entend mais l’acteur par contre peut effectivement proposer  » La beauté du Diable ».

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  5. Quant au Saint-Siege, n’oubliez pas de toujours le baisser après usage !!!

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