Juifs et musulmans (article 29)

Crédit pour le montage graphique : Éric Dorion

Michael Houdmann a un site web (www.gotquestions.org) sur lequel sa réflexion concernant le lien qui existe entre l’islam et le judaïsme est précis.

« Cette animosité remonte à Abraham. Les Juifs sont les descendants d’Isaac et les Arabes sont les descendants d’Ismaël, les deux fils d’Abraham. Ismaël étant le fils d’une esclave, tandis qu’Isaac était le fils promis et l’héritier des promesses de Dieu à Abraham, il est évident que cela ne pouvait pas très bien se passer entre eux. Quand Ismaël s’est moqué d’Isaac, la mère de ce dernier, Sarah a convaincu Abraham de renvoyer Agar avec Ismaël son fils ce qui a certainement suscité une hostilité encore plus grande à l’égard d’Isaac dans le cœur d’Ismaël. Un ange a prophétisé à Agar qu’Ismaël habitera en face de tous ses frères. Les Arabes disent alors qu’ils sont tous les descendants d’Ismaël. »

Issac, Ismaël et Abraham

« Le Coran contient des instructions assez contradictoires concernant l’attitude des musulmans à l’égard des juifs : certains passages appellent les musulmans à traiter les juifs comme des frères, et d’autres à s’en prendre à ceux qui refusent de se convertir à l’islam. Le Coran met aussi en doute l’identité du fils de la promesse : alors que les Écritures hébraïques disent qu’il s’agit d’Isaac, le Coran dit qu’il s’agit d’Ismaël. Il enseigne aussi que c’est Ismaël, et non Isaac, qu’Abraham a voulu sacrifier (en contradiction avec Genèse 22). Ce débat sur l’identité du fils de la promesse contribue à l’hostilité actuelle. Mais cette vieille racine d’amertume entre Isaac et Ismaël (ont-ils seulement existé ?) n’explique pas tout de l’hostilité entre Juifs et Arabes aujourd’hui. En fait, pendant des milliers d’années d’histoire du Moyen-Orient, Juifs et Arabes ont vécu dans une paix et disons plutôt, une indifférence relative. »

Et comme on s’en doute bien, le vrai problème Juif a repris naissance en notre époque moderne, ce que Houdmann confirme.

« La cause principale de leur hostilité trouve son origine dans les temps modernes. Après la II Guerre Mondiale, le 14 mai 1948 quand les Nations-Unies ont donné une partie de la Palestine au peuple juif, cette région était habitée essentiellement par des Arabes. La plupart de ces derniers ont protesté avec véhémence contre l’occupation de leur territoire par la nation d’Israël. Les nations arabes se sont unies et ont attaqué Israël pour tenter de les chasser, mais ils ont été défaits. Depuis, il y a une forte hostilité entre Israël et ses voisins arabes qui n’occupe qu’un tout petit territoire, entouré de voisins bien plus grands, comme la Jordanie, la Syrie, l’Arabie Saoudite, l’Irak et l’Égypte. Nous pensons que, d’un point de vue biblique, Israël a le droit d’exister en tant que nation sur le territoire que Dieu a donné aux descendants de Jacob, petit-fils d’Abraham. »

Alors que Mahomet vit à Médine, son rapport avec les Juifs est de considérer ces tribus qui campent dans la péninsule arabique comme des gens à convertir. Sans aucun succès ! Mahomet n’est pas un prosélyte très patient, alors il les chasse. Il considère certains dogmes provenant de Moïse comme étant coraniques. Il estime que les Hébreux sont des arabes. Quoiqu’il en soit, Mahomet n’hésite pas à rappeler aux Juifs que le Talmud est une falsification, que la seule vraie religion est l’Islam et que les bénédictions divines n’ont jamais été accordées à Issac mais à Ismaël. Il est donc vrai de dire que la haine qui persiste à ciel ouvert entre ces deux-là est d’origine religieuse, une réalité qui depuis l’antiquité a causé la mort de centaines de millions de gens.[1]

De sales obscurantistes

Les Juifs seront très mal perçus également au 18e siècle malgré le siècle des Lumières qui n’a guère éclairé la conscience collective de l’Europe. Hannah Arendt[2] écrit :

« Les hommes des Lumières qui préparèrent la Révolution française méprisaient tout naturellement les Juifs : ils voyaient en eux les survivants de l’obscurantisme médiéval, les odieux agents financiers de l’aristocratie. Leurs seuls défenseurs déclarés en France furent les écrivains conservateurs qui dénoncèrent l’hostilité envers les Juifs comme « l’une des thèses favorites du XVIIIe siècle. »

Tout en les ennoblissant, Nietzsche va possiblement dépeindre les Juifs de sorte qu’ils soient craints même si – donnons-lui ce crédit – ce n’était pas son intention d’autant qu’ils détestaient tellement les chrétiens qui lui fallait bien aimer les Juifs. Il écrit :

« Or, les juifs sont sans aucun doute la race la plus forte, la plus résistante et la plus pure qui existe actuellement. Ils savent s’imposer grâce à certaines vertus dont on aimerait faire des vices, grâce surtout à une foi résolue. C’est un fait que les juifs, s’ils le voulaient, pourraient dès maintenant exercer leur prépondérance et même littéralement leur domination sur l’Europe, c’est un fait qu’ils n’y travaillent pas et ne font pas de projet en ce sens. Ils aspirent à s’établir enfin quelque part où ils soient tolérés et respectés. »[3]

Luther a pavé la voie au nazisme

Martin Luther (1483-1546) ce petit moine qui causa le plus grand schisme religieux de l’histoire en implantant sa Réforme, laquelle donna naissance au mouvement protestant, écrivit Les Juifs et leurs mensonges en 1543. Plusieurs historiens maintiennent que cet ouvrage a eu une influence majeure sur l’imaginaire de plusieurs penseurs allemands qui finirent tous par s’assembler autour d’une cause antisémite dont les proportions tragiques sont maintenant connues : la Endlosüng dite la Solution Finale qui devint l’holocauste.

Martin Luther

Hans J. Hillerbrand dans l’encyclopédie Britannica :[4] « Quatre cents ans après sa parution, les nazis affichent la version originale de Luther Von den Jüden und iren Lügen lors des manifestations de Nuremberg et la ville de Nuremberg présente la première édition à Julius Stretcher, éditeur du journal nazi Der Stürmer, le décrivant comme le pamphlet antisémite le plus radical jamais publié. »

La haine de Luther envers les Juifs est énigmatique. Pierre Savy :[5] « Les études luthériennes ont en effet fait valoir une véritable fracture dans la pensée du réformateur, que l’on situe généralement autour de 1530, et qui fait succéder à une attitude amicale, bienveillante, voir philosémite de Luther, une hostilité farouche, violente et clairement antisémite. Beaucoup de thèses circulent sur ce revirement. »

Savy s’arrête surtout sur la plus connue, celle qui postule que Luther, après avoir passé plusieurs décennies à tenter de rallier les Juifs à la cause évangélique, finit par abandonner tout espoir de conversion et, renonçant à parler avec les Juifs, finit par parler contre eux.

Un rapport très malsain avec l’argent

Les Juifs ne sont pas détestés que pour avoir tué le Christ. Ils se sont surtout faits détestés pour leur rapport qu’on leur prête avec l’argent. Le développement de l’Europe a pourtant passé par la puissance financière des Juifs les plus riches. Pure jalousie ? Hannah Arendt déjà citée, écrit :

« Outre le rôle financier des Juifs dans l’Europe moderne, il faut remarquer que du fait de leur présence dans tous les pays d’Europe, les Juifs furent une communauté internationale, par opposition à la montée en puissance de l’isolement nationaliste des autres peuples. »

Pour Diderot (1713-1784)[6] un des rares philosophes des Lumières à ne pas détester les Juifs, ceux-ci sont, selon lui, le ciment indispensable des nations européennes. Les Juifs étaient parfois considérés à tort comme les financiers des aristocrates et Robespierre ne s’est pas gêné de le dire lors de son intervention à l’Assemblée constituante, le 23 décembre 1789.

« On vous a dit sur les juifs des choses infiniment exagérées et souvent contraires à l’histoire. Comment peut-on leur opposer les persécutions dont ils ont été les victimes chez différents peuples ? Ce sont au contraire des crimes nationaux que nous devons expier, en leur rendant les droits imprescriptibles de l’homme dont aucune puissance humaine ne pouvait les dépouiller. On leur impute encore des vices, des préjugés, l’esprit de secte et d’intérêt les exagèrent. Mais à qui pouvons-nous les imputer si ce n’est à nos propres injustices ? Après les avoir exclus de tous les honneurs, même des droits à l’estime publique, nous ne leur avons laissé que les objets de spéculation lucrative. Rendons-les au bonheur, à la patrie, à la vertu, en leur rendant la dignité d’hommes et de citoyen ; songeons qu’il ne peut jamais être politique, quoiqu’on puisse dire, de condamner à l’avilissement et à l’oppression, une multitude d’hommes qui vivent au milieu de nous. »

Une autre raison qui a joué très fortement contre les Juifs est l’association directe que les petits conspirationnistes et autres trolls et gnomes du Net font de la famille Rothschild à qui on prête les pires abominations, en oubliant que ces Maîtres du monde, ces Illuminati démoniaques se sont fait salement amochés par les Allemands, ce qui compte tenu de leur immense puissance occulte n’aurait jamais dû se produire. Ils auraient dû en faire une bouchée ! Ainsi, installée partout en Europe, la famille Rothschild est devenue le symbole à haïr et par devant, les Juifs associés à cette démoniaque famille.

Chassés de Russie, les Juifs s’exilent en Angleterre au cours des dernières années du 19e siècle, provoquant des émeutes anti-juives.

Un des dessins assassins du Mémorial de Caen en 2017 et 2018, réalisé à partir de la collection du diamantaire Arthur Langerman, montre la haine en images, mêmes si elles sont grotesques. Puis, il y aura l’infâme Affaire Dreyfus, ce militaire faussement accusé d’espionnage et fatalement, la montée du nazisme qui deviendra le clou final crucifiant la Juiverie par millions.

« Dessins assassins » du Mémorial de Caen (France).

Pourquoi les Juifs attirent-ils tant de haine n’a pas de réponse simple. La haine des Juifs ne peut se résumer par une phrase ou même un paragraphe, trop de temps, trop de lieux, trop de personnages clefs, trop de circonstances habillant leur histoire, mais a contrario, rien pour la justifier. Permettez que je vous présente quelqu’un qui n’existe pas, car c’est par lui que je veux commencer pour plaider ma thèse.

L’hérésie du docteur Mandelbrod

J’ai recours à l’intelligence du livre, Les Bienveillantes, de Jonathan Littell alors que ce personnage de fiction, qu’est le Doktor Mandelbrod, nous instruit sur le rôle des Juifs et surtout le pourquoi du besoin quasi impérial de les anéantir. Il m’interpelle vivement estimant en entrée de jeu, de manière à la fois surprenante et indigeste, que le génie de Gengis Khan fut précisément de bâtir un empire colossal en fonction d’une approche qui est tout à fait similaire au national-socialisme, le parti politique du Führer à venir ! Il faut rappeler que le national-socialisme est davantage une doctrine philosophique qu’un parti politique, une doctrine qui amplifie à outrance les tendances nationalistes d’une part et les tendances racistes d’autre part. Dans le cas de Khan, le racisme touchait la pureté raciale des Mongols, sans toutefois la confronter à d’autres, ce qui assura la pérennité de son règne incroyable, mais dans le cas de Hitler, sa doctrine se traduisait par un nationalisme exacerbé par son aryanisme et son aspect raciste l’était par son antisémitisme et qui, contrairement au Khan mongol, ne dura heureusement que de 1933 à 1945.[7]

Voilà donc que ce Mandelbrod fait valoir que cette doctrine est loin d’être l’invention de Hitler et que déjà au 12e siècle, tout raser jusqu’au sol ne laissant derrière que les restes enfumés de millions de cadavres d’une race inférieure était plus qu’un rêvemais une réalité. Cela dit, Khan tout raciste qu’il fut, n’était pas obsédé par l’élimination d’une race plus qu’une autre jusqu’à en devenir complètement fou. Khan n’aurait jamais perdu son temps avec une race incapable de se défendre, morcelée et sans même un État comme protection. Cela eut été indigne de lui de s’en prendre à des gardiens de chèvres, alors qu’Hitler en a fait sa folie suprême.

Mandelbrod va d’ailleurs reprocher son ouverture à Khan ; puisque c’est en laissant entrer chrétiens et autres segments raciaux et ou religieux que la pureté mongole fut contaminée et que l’Empire s’effondra presque définitivement en 1502. Ce qui au demeurant n’est pas faux. Ce qui importe ici, c’est que si les Nazis pensaient vraiment être une race supérieure à toutes les autres, pourquoi s’acharner sur une seule race aussi « faible et insignifiante » par rapport à d’autres beaucoup plus menaçantes. Pourquoi miser toutes les énergies du IIIe Reich sur la sinistre Endlosüng[8] peut-on se demander ! Mandelbrod songe alors (nous sommes en 1943) qu’après avoir éliminé les Russes, il leur faudra (les Nazis) éventuellement faire face aux Chinois et même aux Japonais, leurs alliés.

Pourquoi s’allier au Japon ?

Ça aussi est étrange. Le Japon fut d’abord un ami au 19e siècle, un très bon ami d’ailleurs, mais la donne changea lors de la Première Guerre mondiale alors que le Japon devint l’ennemi de l’Allemagne. Certains pensent que l’alliance était virtuelle. Fais tes affaires, ne me touche pas et je ferai de même. Les deux pays n’ont donc jamais combattu ensemble et la reddition de l’Allemagne avec la chute de Berlin ne signifia rien pour le Japon qui ne se rendit qu’après l’éclatement des bombes atomiques sur son territoire. En 1935, les deux pays qui tentaient de se rapprocher de plus en plus, le firent avec un traité naval sous l’impulsion d’Hitler. Quand on lit Mein Kampf on finit par comprendre qu’Hitler croyait qu’un jour l’Angleterre serait son alliée, mais il croyait par contre plus probable que le Japon deviendrait rapidement une cible de la juiverie internationale et ainsi un véritable allié. L’histoire ne lui donnera aucunement raison, ni dans un sens ni dans l’autre. Hitler était un fanatique aveugle, ergo un piètre visionnaire, un stratège maladroit au carré, un obsédé et un psychopathe. Si Chamberlain faillit donner du crédit à une alliance anglo-allemande, les relations entre les Juifs et le Japon, même durant la guerre croyez-le ou non, furent… cordiales.

« C’est que jusque-là, les tentatives de l’Allemagne nazie pour convertir le Japon à l’antisémitisme étaient bloquées par un sentiment d’incompréhension pour cette haine inexplicable. Le Japon refusa de proclamer des lois antisémites et les visas furent prolongés. À partir de l’entrée en guerre du Japon, les réfugiés Juifs de Kobe furent transférés à Shanghai où le confort était bien moindre mais où ils ne subirent pas la moindre persécution. »[9]

Malgré cela, jamais les Nazis n’ont prononcé ou écrit un seul mot de travers sur un seul peuple asiatique. S’il existe un peuple dont la dangerosité extrême pour la survie du Reich aurait pu être appréhendée, compte tenu de l’intention pangermaniste d’établir l’espace vital de la race aryenne à ses frontières à l’Est, c’est bien celui de la Chine, avec à l’époque ses 500 millions de population, et certes pas ce petit peuple d’à peine quinze millions de Juifs, incapables de se défendre, se laissant humilier, ghettoïser, torturer, fusiller, gazer, utiliser comme cobayes, sans même réagir. Alors, pourquoi exterminer les Juifs ?

Prochain article (30) : La folie illogique de tout faire pour exterminer un mythe


[1] The Cambridge History of Islam.1997.

[2] Hannah Arendt, Sur l’antisémitisme. Calmann-Lévy. 1973.

[3] Rapporté par le journaliste Guy Mosjoen sur le site Égalité et réconciliation.

[4] Hans J. Hillerbrand, Martin Luther, Encyclopaedia Britannica. 2007.

[5] Martin Luther, Des Juifs et de leurs mensonges (1543), traduit de l’allemand par Johannes Honigmann, introduction et notes par Pierre Savy. Paris. Honoré Champion. 2015.

[6] Lafauteadiderot.net

[7] Basé sur Peter Fritzsche. Germans into Nazis. Cambridge, Mass. Harvard University Press. 1998.

[8] La Solution finale telle que conçue par Hitler, Himmler et Heydrich les trois H de la mort et finalisée au château de Wannsee le 20 janvier 1942.

[9] Thierry Maincent du site vivrelejapon.com

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Catégories :Le Mal

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2 réponses

  1. Oui! Pourquoi vouloir exterminer les Juifs?
    Qui sont-ils dans l’espace et le temps pour qu’on les haïsse autant?

    Aimé par 1 personne

  2. On dirait que l’humain doit haïr quelqu’un, il y a de la jalousie, de l’envie. S’il y avait juste de l’amour nous serions déja Esprit libre et accompli, donc plus de raison d’être sur terre. Un ami m’a dit qu’en vision il y aura de grandes inondations qui vont venir, il voit de grande bataille dans le ciel lui depuis toujours et trouve ça fascinant.

    Aimé par 1 personne

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